Deux enseignants suisses en Bolivie
Susanne et Mathieu Glayre-Rufener, deux enseignants suisses - elle thurgovienne et lui vaudois - sont partis il y a deux ans avec enfants et bagages travailler en Bolivie.

Susanne à CRECIENDO
Envoyés par l’ONG E-CHANGER, Susanne travaille dans une école pour enfants marginalisés du système scolaire, en particulier au niveau de l’école enfantine.
Nous sommes deux enseignants engagés en Bolivie avec E-CHANGER qui promeut la solidarité et la coopération internationale à travers l’envoi de volontaires. L’une de ses particularités est de ne pas avoir de projets propres. En tant que coopéracteurs, nous nous mettons pour trois ans au service d’une organisation de base locale. Femmes paysannes, organisations indigènes, associations lutant pour un habitat digne, ONGs locales de protection de l’environnement, ce sont les gens eux-mêmes qui définissent le travail, qui font leurs propres choix, et nous les appuyons de notre mieux.
Nous vivons depuis le mois d’octobre 2007 à Tarija, une ville de 150'000 habitants située dans une vallée du sud du pays. Nous y appuyons une petite école qui accueille quelques 250 élèves provenant de classes sociales défavorisées et marginalisés du système scolaire. Susanne est engagée comme « responsable pédagogique ». Son rôle consiste à appuyer les enseignantes de l’école, et en particulier celles qui s’occupent des 50 têtes brunes qui peuplent le jardin d’enfants. Elle appuie la direction dans la formation continue des enseignantes et dans la diffusion de pédagogies alternatives. Elle travaille avec les enseignantes à une meilleure structuration de leur travail, à la définition des objectifs et des compétences ainsi qu’aux moyens d’y parvenir. Il s’agit en quelque sorte d’établir un plan d’étude adapté aux réalités locales.
Le meilleur du travail à Creciendo est sans doute le profond échange et la belle amitié qui est née avec les maîtresses, les jardinières d’enfants et les directrices. Les nombreux moments avec les élèves, lorsqu’ils écoutent bouche bée les histoires et les petits spectacles de marionnettes, ou lorsque, durant les massages, ils se détendent tellement que certains finissent … par s’endormir !
Bien sûr, il y a aussi des difficultés. Il faut constamment redéfinir les responsabilités de chacun et les attentes des enseignantes. Le rôle de volontaire n’est pas toujours facile, il ne faut rien précipiter, ne pas comparer avec la Suisse, partir des réalités locales. L’intégration de certains enfants peut être particulièrement difficile, comme dans le cas d’enfants violents ou avec des handicaps physiques et/ou mentaux. D’autres enfants ont des blocages dus à des conditions économiques et/ou familiales difficiles. Mais avec une bonne coopération entre enseignantes, le travail avance petit-à-petit.
Susanne donne également des cours à l’Ecole Normale locale, afin, entre autres, d’améliorer la formation spécifique au degré de l’école enfantine, qui est encore embryonnaire. Il s’agit aussi d’aider à valoriser l’école enfantine qui est perçue comme peu importante ici. L’expérience de l’école Creciendo montre qu’une bonne école enfantine est le gage d’une bonne scolarité future, en particulier pour des enfants qui partent en situation de désavantage social. Dans ce cadre, Susanne va également appuyer les enseignantes de plusieurs autres écoles, afin d’aider à améliorer la qualité de l’enseignement à l’école enfantine.
Pour suivre de plus prêt notre travail bolivien, rendez-vous sur notre blog : blog.e-changer.ch/creciendo
Mathieu Glayre

L’école « Creciendo » en Bolivie
Entretien avec Thérèse Pittet-Rueda, enseignante fribourgeoise qui a cofondé en Bolivie l’école Creciendo. Cette petite école un peu particulière accueille quelques deux cents enfants marginalisés du système scolaire. Partie pour une coopération de trois ans en 1992 avec E-CHANGER, Thérèse vit et travaille depuis 18 ans à Tarija, une ville de 150'000 habitants dans le sud du pays. Elle y a fondé sa famille et est actuellement directrice de l’école Creciendo.
Pour commencer et en deux mots, qu’est-ce que l’école Creciendo ?
Creciendo, qui signifie « en grandissant », est une petite école qui se veut un peu différente des autres écoles boliviennes, et surtout qui veut offrir un espace éducatif à des enfants qui sont laissés en marge du système scolaire.
Comment et pourquoi est née cette école ?
Cela a commencé par des demandes de parents qui étaient absents toute la journée, et qui ne savaient pas quoi faire pour leurs enfants la demi-journée où ils n’avaient pas classe. En effet, en Bolivie les enfants n’ont qu’une demi-journée de classe par jour. Nous avons donc commencé par créer un centre d’appui pédagogique, où les enfants venaient la demi-journée où ils n’avaient pas l’école. Ils y recevaient une bonne alimentation et un appui scolaire. Nous nous sommes alors rapidement aperçus qu’il y avait une grande marginalité scolaire, que de nombreux enfants n’allaient pas du tout à l’école. Alors on s’est dit, pourquoi ne pas ouvrir une petite école pour ces enfants marginalisés?
L’école a donc débuté à la rentrée de février 2000, avec deux classes de première année. L’une avec des enfants du quartier, qui vivaient dans un grand ravin insalubre. C’était des enfants issus de familles très pauvres qui migraient régulièrement pour trouver du travail. Ils commençaient l’année scolaire, partaient après deux mois, revenaient, repartaient. Dans certaines familles, les parents n’ont simplement pas les moyens d’envoyer tous leurs enfants à l’école, parce que si l’école est théoriquement obligatoire et gratuite, les parents doivent payer le matériel. C’est pour ces différentes raisons que ces enfants avaient pris beaucoup de retard, et qu’ils étaient refusés dans toutes les écoles.
L’autre classe était composée d’enfants d’âge normal. En effet, nous avions besoin d’au moins deux classes pour commencer, pour des raisons administratives. Et il nous fallait naître sous l’aile d’une autre école, qui a accepté à la condition que nous nous chargions de tous leurs enfants problématiques. Donc, tous les enfants de cette école en âge de jardin d’enfants ou de première année qui posaient problème, soit de comportement, soit d’apprentissage, soit les deux, sont arrivés chez nous.
Nous avons donc commencé avec une cinquantaine d’élèves. Mais très rapidement d’autres écoles des quartiers environnants nous ont envoyé, elles-aussi, leurs élèves difficiles. Et puis des parents qui ne trouvaient pas d’école pour leurs enfants sont venus nous voir directement. Je me rappelle par exemple d’une maman qui est arrivée avec ses cinq enfants en disant qu’ils n’avaient jamais été à l’école, et qu’aucune école n’en voulait !
Notre petite école a donc dû grandir et évoluer petit-à-petit. Après deux ans, nous avons dû déménager dans un autre quartier, pour avoir assez d’espace. Chaque année, nous avons obtenu de l’Etat un enseignant de plus et avec des financements extérieurs nous avons construit une nouvelle salle de classe. Aujourd’hui, nous accueillons quelques 230 élèves, de l’école enfantine jusqu’à la sixième primaire, soit 8 classes. A partir de la septième, parfois avant, les élèves intègrent des classes « régulières » dans d’autres écoles, et l’intégration se fait plutôt bien.
Qui sont les enseignants de Creciendo ?
Ce sont tous des enseignants boliviens, formés dans les Ecoles Normales locales. Ils sont généralement très motivés. Ils travaillent un jour par semaine de plus que dans les autres écoles, et nous organisons également deux semaines par année de formation continue qui sont aussi en plus. Mais ils reçoivent le même salaire que tous les enseignants, c’est-à-dire en moyenne 1500 bolivianos par mois [200 CHF]. De plus, on leur demande plus de préparation que dans les autres écoles.
Au niveau du fonctionnement de l’école, en quoi est-elle différente des autres écoles ?
Nos élèves restent à l’école toute la journée, au lieu d’une demi-journée par jour. Parce que les enfants n’ont souvent personne à la maison. En effet, les deux tiers de nos élèves n’ont pas de papa et les mamans travaillent dur toute la journée. Le matin, on suit à peu prêt le programme de l’école bolivienne, à midi ils ont un repas, et l’après-midi on fait des activités un peu différentes. On essaye de les ouvrir à autre chose, avec le Tai-chi et le Kung-fu, l’informatique, la musique, divers ateliers, etc. Cela permet de rattraper leur retard et de travailler sur leur auto-estime, qui est en général plutôt basse.
Comment fonctionne l’école au niveau financier ?
Comme pour les autres écoles, l’Etat paye les salaires des maîtres de classe, c’est-à-dire une demi-journée par jour, ainsi qu’une partie des maîtres spécialistes. Pour les après-midi, nous avons des financements en provenance de Suisse, soit pour les salaires des profs qui font les devoirs, le prof d’informatique, de Tai-chi, de couture, etc. En ce qui concerne l’alimentation, l’Etat prend en charge environ les deux tiers de nos dépenses, le reste provient aussi de Suisse. Et puis les parents devraient payer un boliviano [15 centimes] par jour et par enfant pour les repas, mais on n’arrive difficilement à faire payer cela par un tiers des parents. Et ce ne sont pas toujours les plus pauvres qui ne paient pas ! Certains enfants nous disent : « Ma maman ne peut pas payer ce mois, est-ce que je peux faire la vaisselle, balayer, etc. » Alors on a par exemple chaque jour quatre enfants qui font la vaisselle, et qui ne payent pas.
Si l’on devait faire un bilan de Creciendo, si tu regardes ces 8 années, quel est le point fort de Creciendo, qu’est-ce qui te fait dire : « ce qu’on fait, c’est bien » ?
C’est déjà de recevoir tous les élèves, tels qu’ils sont. Après, c’est la façon dont on essaye de les appuyer, de les aider, de faire un travail individualisé avec chacun. On connaît leur famille, leur situation, leurs besoins, on essaye de s’adapter à chacun. Et puis, au contraire des autres écoles, on s’occupe d’abord de ceux qui ont le plus de peine.
Est-ce que Creciendo à des faiblesses, des défauts, des problèmes ?
Oh oui, bien sûr ! [Elle éclate de rire]. Par exemple, on aimerait que le travail en classe soit plus participatif. En théorie, il l’est, mais en pratique, il y a encore beaucoup à faire. Avec certains profs, ça va bien, le travail est varié, les enfants aiment et apprennent, mais avec d’autres, c’est un peu n’importe quoi. Ils font toujours la même chose, des travaux répétitifs et dénués de sens. Et puis, on a aussi le problème du « civisme » et du « formalisme ». Pour le système bolivien et pour certains de nos enseignants, comme pour de nombreux parents, toutes les fêtes patriotiques et religieuses sont très importantes. Et l’on y passe un temps fou ! Pédagogiquement parlant, ça ne sert à rien, au contraire. On fait de la figuration, les enfants passent un temps fou à attendre, ils n’apprennent rien, mise à part peut-être la superficialité !
Quels sont les défis à venir pour Creciendo ?
On se dit toujours qu’on essaye de donner aux enfants une éducation qui leur serve pour la vie. Mais je dirais qu’il nous faut approfondir cela. Que les maths que l’on fait leur servent au quotidien, que la maîtrise de la langue leur serve pour parler, pour s’exprimer, pour qu’ils puissent être des personnes qui vivent debout. On doit vraiment travailler sur une qualité d’éducation qui forme des personnes qui aient confiance en elles, qui aient des opinions personnelles, qui se construisent une personnalité intégrale et intégrée. Cela manque beaucoup en Bolivie, les gens ont une auto-estime très basse. Il y a beaucoup à faire dans ce domaine. La route est encore longue, mais je crois qu’on est sur le bon chemin.
Propos recueillis par Mathieu Glayre, volontaire E-CHANGER. Si vous désirez plus d’information sur l’école, ou si vous désirez soutenir le projet, vous pouvez écrire à Thérèse (tejolunie@hotmail.com) ou à Mathieu (mateo@gmx.fr).

La parole à une enseignante bolivienne
Les enseignants boliviens ressemblent-t-ils à leurs collègues helvètes ? Quelles sont les réalités du corps enseignant dans un pays pauvre comme la Bolivie ? Quelques éléments de réponse avec cette interview de Paola, jeune et sympathique maîtresse de première primaire d’une école de Tarija, dans le sud du pays. Paola travaille dans l’école Creciendo, qui accueille en majorité des élèves de famille très modestes.
Salut Paola, merci d’avoir accepté cette interview pour les enseignants de la Suisse Romande! Pour commencer, pourrais-tu te présenter, s’il te plaît ?
Je m’appelle Paola Gutierrez Arce. J’ai 26 ans. Je suis la deuxième dans ma famille, j’ai un grand et un petit frère. Je suis mariée, mais sans enfant. Je suis née à Cochabamba, mais j’ai grandi ici à Tarija. La famille de ma maman est de Cochabamba, alors que mon papa est d’ici. Je suis maîtresse de première primaire, pour la première fois, et j’espère faire un bon travail ; en tout cas, je suis très motivée.
Est-ce que tu as toujours voulu être maîtresse d’école?
C’est avant tout ma maman qui m’a poussé en avant, elle trouvait bien que je devienne une maîtresse. Alors, j’ai fait les examens d’entrée, et j’ai été reçue. J’ai donc commencé l’Ecole Normale plutôt pour voir si cela me plaisait. La vocation, je l’ai eue après, lors de mes premiers stages. Là, ça m’a plu et j’ai pensé que je pouvais être une bonne maîtresse.
Comment es-tu arrivée ici, à Creciendo ? En Bolivie, peut-on choisir l’école dans laquelle on travaille ?
Quand tu sors de l’Ecole Normale, tu dois d’abords faire deux ans à la campagne [la campagne, en Bolivie, ce sont des zones souvent très éloignées et difficiles d’accès et des conditions de vie très précaires]. Après seulement, tu peux travailler ici en ville, à Tarija. Mais moi, je n’ai pas encore fait mes deux ans de campagne. J’ai eu de la chance, j’ai pu commencer ici, parce que connaissais sœur Maria [la directrice], parce qu’elle est ma voisine. Je suis sortie de l’Ecole Normale, et elle m’a demandé si je ne voulais pas venir à Creciendo, pour essayer. C’est donc mon premier travail ici, et c’est ma quatrième année.
Et ce n’est pas un problème que tu n’ais pas fait tes deux années de campagne ?
Pour le moment non, j’ai en quelque sorte passé entre les gouttes… Mais je crois que ce sera ma dernière année ici, parce qu’ils sont en train de contrôler tout ça, et je pense que je vais devoir quand même faire ces deux années de campagne.
Cela ne t’embête pas trop, tu ne préférerais pas rester ici ?
C’est très chouette de travailler ici, à Creciendo, parce que c’est différent que les autres écoles. Mais je serai aussi contente de faire mes deux années de campagne, parce que là-bas on travaille autrement, et c’est bien d’apprendre d’autres façons de travailler, d’autres façons de vivre. C’est bien de savoir un peu de tout, de ne pas toujours de rester avec ce que l’on sait. On peut tous apprendre de chacun.
Tu n’as pas vraiment travaillé dans d’autres écoles, mais tu y as quand même fait des stages. Est-ce qu’il y a des différences importantes entre ces écoles « normales » et Creciendo ?
Durant mes stages, j’ai vu que l’acceptation de toutes sortes d’enfants n’était pas la même qu’ici à Creciendo. Ici, on accepte tous les enfants. Il n’y a pas de différences de traitement entre celui qui a plus et celui qui a moins, entre celui qui peut, et celui qui peut moins. Ici, tous sont égaux, et la responsabilité des maîtresses est de traiter chacun de la même manière, de leur donner les mêmes chances, de ne pas les discriminer. Dans les autres écoles que j’ai pu connaître, dès le début de l’année, il y a des différences qui sont faites entre les enfants. Surtout, les maîtresses travaillent pour les bons élèves, et laissent de côté ceux qui n’arrivent pas. Elles disent que c’est la tâche des parents. Ici, on travaille pour tous. Bien sûr, ils n’ont pas tous le même rythme d’apprentissage, les mêmes capacités, mais on doit les traiter de la même façon, leur donner les mêmes chances. On doit vraiment travailler avec tout le monde.
Combien d’élèves as-tu dans ta classe?
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Parlons un petit peu de ta situation d’enseignante. Tu travailles tous les jours, toute la journée ?
Oui, je travaille tous les jours. Je suis payée pour mes cinq matinées par l’Etat [En Bolivie, les élèves comme les enseignants n’ont l’école qu’une demi-journée par jour] et l’après-midi, c’est l’école qui me paie. C’est comme un bonus pour rester l’après-midi, que me donne la directrice. Le matin, je travaille avec mes élèves, ainsi que le lundi après-midi. Les autres après-midi, je m’occupe d’autres élèves, pour qu’ils n’aient pas toujours la même maîtresse et pour qu’ils puissent avoir d’autres activités.
Je voulais parler avec toi de la situation économique des enseignants. Par exemple, quel est ton salaire?
Mon salaire, payé par l’Etat, est de 1100 bolivianos par mois [environ 150 CHF]. Et puis, la direction me rajoute 300 bolivianos, pour mes cinq après-midi. De ces cinq, deux sont libres, pour mes préparations. Donc, cela me fait un total de 1400 bolivianos par mois [environ 200 CHF]. La majorité des enseignants cherchent à travailler à double, comme moi, parce qu’un salaire simple ne suffit pas, avec la situation économique du pays. Mais il y a beaucoup d’enseignants et peu de travail. Alors, en général, le deuxième travail se trouve dans des écoles privées. Certains enseignants font aussi un autre métier, ou plusieurs, à côté.
Comment les enseignants sont-ils considérés dans la société bolivienne ?
Je pense qu’avant, être enseignant, c’était comme être président! C’était très important, les parents aidaient beaucoup les enseignants. Ils les considéraient comme des gens très importants qui éduquaient leurs enfants. Et les enfants aussi. Mais aujourd’hui, ça a changé, ce n’est plus la même chose ici. Je ne sais pas comment c’est dans les autres pays, mais je crois que beaucoup de gens ici pensent qu’être enseignant … ce n’est pas grand chose. Pour ce que j’entends, on ne considère pas un enseignant comme, disons, un ingénieur, ou un architecte. Mais il reste toujours des gens qui sont fiers d’avoir un enseignant dans la famille ou parmi leurs amis, qui trouvent que c’est un beau et difficile métier. Des mamans, qui des fois ne supportent plus leurs enfants à la maison, et qui ont du respect pour une enseignante qui a 30 ou 40 enfants dans sa classe.
Bien, j’arrive au bout des questions que je voulais te poser… Est-ce que tu aurais toi quelque chose à rajouter pour nos collègues en Suisse ?
Oui, moi aussi j’ai des questions à poser! J’aimerais bien savoir un peu comment ça se passe pour une enseignante en Suisse, de première année. Premièrement, comme je travaille avec des premières, mes élèves doivent apprendre à lire et à écrire. Ils sortent du jardin d’enfants, et le problème, je me demande, comment font les maîtresses en Suisse pour travailler avec des enfants qui ne savent pas se tenir en classe ? Qui ont des problèmes de comportement, qui ne savent pas écouter, ou plutôt, qui savent, mais qui ne s’intéressent pas à ce qu’on dit. Et je ne parle pas d’un ou deux élèves, mais de la majorité ! La majorité de mes élèves ont des problèmes de comportement, alors je ne sais pas, comment elles font ?
Ensuite, le matériel qu’elles préparent ? Elles l’achètent, ou c’est l’école qui paye ? Parce qu’ici, il y a peu de matériel, et ça dépend des enseignantes, mais parfois on aide un peu de notre poche. Et puis, quel genre de matériel utilisent-elles ? Ou peut-être n’est-ce pas nécessaire de travailler avec beaucoup de matériel ? Et aussi, j’aimerais bien avoir une idée de comment se passe une journée de travail pour une enseignante en Suisse, et puis comment est sa classe ?
Merci beaucoup Paola, on transmet le message !


