10.02.2011

Forum social mondial : l’essentiel est dans les échanges

La 8ème édition du forum social mondial a débuté ce dimanche à Dakar. Une foule estimée à 70'000 personnes au moins a pris part à la manifestation inaugurale. Un succès total ! L’Afrique et les mouvements sociaux sénégalais ont répondu présent et confirmé l’importance de ce rassemblement planétaire pour les populations d’Afrique.

L’organisation des ateliers ne s’est par contre pas révélée aussi efficace. Lundi, impossible de participer à un atelier. Chaos complet ! L’université de Dakar refusait de mettre les salles promises à disposition. Panique parmi les ONG’s et les mouvements sociaux contraints de faire appel à leur créativité pour trouver des solutions.

Et petit à petit, à l’africaine, le forum a commencé à trouver ses des marques. Les participants ont réussi à se réunir. On a vu le réseau international « Tax justice network » expliquer la construction de leur action ici en Afrique.

Plus loin des organisations non gouvernementales palestiniennes, appuyées par des sympathisants de différents pays dont la France, parlent de leur campagne « boycott, désinvestissement sanction ». Cette initiative lancée contre Israël a pour but de soutenir les revendications du peuple palestinien en s’inspirant de l’expérience sud africaine. Nous avons ainsi appris que ces actions ont dissuadé Vanessa Paradis de se produire en concert en Israël. En Italie, une chaîne de supermarché est sur le point de renoncer à l’importation de produits israéliens. Au Québec le syndicat des enseignants a pris position pour soutenir l’initiative.

À l’issue de ce « tour de table » (en fait nous étions tous assis à même le sol !) les organisations se sont réunies pour discuter des actions qu’elles souhaitaient mener ensemble après le forum.

Cet exemple illustre la pertinence du forum comme lieu de rencontre et d’échange. Elle permet aux organisations de se rencontrer et de se coordonner.

Les participants trouvent une occasion unique de s’informer sur certaines causes et initiatives. Et de s’interpeller. Mon ONG serait-elle d’accord de signer l’appel ? Mon syndicat, également actif dans la fonction publique est-il prêt à suivre nos collègues enseignants canadiens ?

Les discussions et les questionnements vont automatiquement déboucher sur des actions concrètes, mieux coordonnées, plus larges donc plus fortes.

L’essentiel, ici à Dakar est dans les échanges. L’expertise est bien présente et ces acteurs démontrent leurs capacité à mettre en place un autre monde possible. Et tan pis si la presse occidentale sous-estime pour le moment la portée de ce rassemblement planétaire.

 Bernard Fragnière
Président de l’organisation de coopération suisse E-CHANGER